les Sabots jaunes

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Karaez, Imprimerie du peuple, 1909
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Sébastien Marineau
En hevelep levr :

L’hiver est surtout dur à ceux qui vont en classe,
          Aux petits écoliers
Quand la terre gémit sous la neige et la glace
          Bien froids sont les souliers.

Aussi quand le vent d’est si redouté des faunes,
          Fit tomber des glaçons,
Aux pieds de mon bambin je mis des sabots jaunes
          Avec de bons chaussons.

Et dès le lendemain, au lever de l’aurore,
          Réveillant les échos,
Le petit tapageur sur le pavé sonore
          Fit claquer ses sabots.

Sans nul doute il avait des chaussures nouvelles
          Rêvé toute la nuit ;
Il en était fier, elles étaient si belles,
          Et faisaient tant de bruit !

Pourtant le même jour, le soir après l’école,
          Ô surprise ! je vis
Trottinant en chaussons et sans crainte le drôle
          Revenir au logis.

Je l’admonestai fort ; mais il répondit : père,
          Allons, ne gronde plus,
J’ai donné mes sabots, tu sais, au petit hère
          Qui toujours va pieds nus !