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Daskor

Depuis que le destin m’a ravi mon amante
Comme un ciel orageux mon front s’est assombri ;
Il me semble qu’en moi règne aussi la tourmente ;
Car à mon âme, hélas ! morose, indifférente,
                 Depuis ce jour rien n’a souri.

Plage de Lanninon, quand la mouette passe
Annonçant par son cri le céleste courroux,
À l’heure où sur tes bords je recherche sa trace,
Entends-tu quelquefois soupirer dans l’espace
                 L’âme si chère à son époux ?

Oh ! si l’âme s’attache encore à cette terre,
Après que notre corps rentre dans le cercueil,
La sienne voit souvent le rivage où naguère
Nous rêvions, mais hélas ! où je viens solitaire
                 Loin du monde cacher mon deuil.

Lanninon, Lanninon, pendant les soirs d’automne
Tu me verras souvent pleurer auprès des flots ;
Sous les vagues toujours que ta plage résonne ;
À mon coeur ulcéré plaît ce bruit monotone
                 Auquel se mêlent mes sanglots.