Pierre Pronost montra toute sa vie durant un attachement indéfectible à la langue bretonne : il ne publia guère que dans cette langue, et il s’attacha même à la « purifier » des emprunts aux français dans la préface d’Annaig.

A la mort de Pierre Pronost, c’est donc avec une certaine surprise que l’on découvrit dans ses papiers... des poèmes en français ! Taldir se chargea aussitôt de publier Illusions printanières et Lys et églantines.

Ces deux recueils sont intéressants : les thèmes et les développements des poèmes en français sont souvent les mêmes que ceux des poèmes en breton, c’est la même plume si délicate que l’on retrouve dans les deux langues, et nous pouvons ajouter que c’est le même plaisir que nous prenons à la lecture.

Cela montre ainsi à quel point il serait vain de nier l’existence de la littérature bretonne en opposant les œuvres de langue bretonne à celles de langue française : nous avons là, comme souvent, le même écrivain, la même œuvre et le même esprit. Comment pourrait-on les dissocier ?