l’Idéal

Genre
Poésie
Langue
Français
Source
Carhaix, Imprimerie du peuple, 1909
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Dans ce siècle pervers où l’idéal est mort,
Où la pensée humaine est esclave de l’or,
          Quelle est la tâche du génie ?
Doit-il capituler ? abandonner la lutte ?
Sous prétexte qu’on raille et qu’on se trouve en butte
          Aux sarcasmes du fat qui nie ?

Un dogue s’émeut-il au milieu des roquets ?
À leurs vains jappements, à leurs faibles hoquets
          Il ne tend qu’une oreille à peine ;
Le front superbe et haut, le regard triomphant,
Très tranquille il poursuit sa route, dédaignant
          La meute lilliputienne.

Au vil semeur de doute, au cœur vide et blasé
Qui ne peut détacher son regard abusé
          Du cercle borné de la terre,
Laissons l’œuvre de mort, et regardons plus haut ;
L’idéal, c’est la vie ; et rien encor ne vaut
          Le charme puissant du mystère.