daskor - facebook  daskor - css

Daskor

Je me promenais triste et seul sur l’esplanade
Qui longe Recouvrance, en face de la Rade,
                 Derrière Lanninon ;
C’est là qu’après le bain, pour goûter quelques fraises,
Nous venions nous asseoir, y trouvant plus nos aises
                 Que dans le cabanon.

Rien ne semblait changé dans la grande nature
Et comme l’an dernier grimpaient dans la nature
                 Les braves matelots ;
Les baigneurs se croisaient : les uns quittaient la plage ;
Les autres, fatigués, pour gagner le rivage
                 Luttaient contre les flots.

L’air était parfumé, les cieux étaient splendides ;
Des grottes de la mer, séjour des Néréides,
                 Parlaient des chants d’amour ;
Tout n’était que parfums, lumière et mélodie ;
Mais pour le malheureux qui déteste la vie
                 Que pouvait ce beau jour ?

Jouir peu, souffrir beaucoup, telle est la vie humaine ;
Et que sert d’espérer puisque rien ne ramène
                 Les beaux jours écoulés.
Combien parmi ceux-là qui jouaient sur la plage
Reviendront l’an prochain chercher sur le rivage
                 Les plaisirs envolés !

Aucune fête alors n’aura pour eux des charmes ;
Et plus d’un comme moi, les yeux remplis de larmes,
                 En murmurant un nom,
Viendra se promener tout seul sur l’esplanade
Qui longe Recouvrance, en face de la rade,
                 Derrière Lanninon.