daskor - facebook  daskor - css

Daskor

Ramène-moi, soleil, et l’amour et l’oiseau ;
L’hiver me rend morose et seul le renouveau
    De mon cœur peut combler le vide.
Il me tarde de voir l’océan s’apaiser,
L’horizon s’éclaircir, le zéphyre baiser
    Dans sa grotte la Néréide.

Viens, soleil bienfaisant, de tes tièdes rayons
Tisser un vert feuillage aux arbres des vallons
    Et faire scintiller la rade ;
Pour que sur les vapeurs tous les Brestois encor,
Vers les bords enchantés du Fret et de Kerhor,
    Partent joyeux en promenade.

Pour que sans écumer, à Sainte-Anne, les flots
N’aient plus qu’un doux murmure, au lieu de longs sanglots,
    En venant mourir sur la plage ;
Pour qu’en foule accourus, baigneuses et baigneurs
Réveillent les échos en mêlant leurs rumeurs
    Aux chants d’oiseaux sous le feuillage ;

Pour qu’enfin dans les bois, sur l’onde et dans les airs
Que les frimas longtemps avaient rendus déserts,
    Tout vibre, tout chante et rayonne ;
Pour que chaque bosquet devienne un rendez-vous
Où sur l’herbe pourront, loin des regards jaloux,
    S’aimer le Breton, la Bretonne.

Partons dès le matin, devançons la chaleur ;
Par les sentiers ombreux dirigeons-nous en choeur
    Vers le rivage de Sainte-Anne ;
Puisque vers d’autres bords s’envolent les autans,
Puisque le gai soleil ramène le printemps
    Et qu’au ciel l’hirondelle plane.

Là-bas, sur l’herbe tendre, au coin du petit bois
Où l’oiseau de nouveau fait entendre sa voix,
    Cherchons le nid de l’autre année ;
Car après tant de jours de fatigue et d’ennui
Le brave travailleur peut bien avoir à lui
    Les doux loisirs d’une journée.

Il a pour lui la brise et les flots attiédis
Qui savent ranimer ses membres engourdis ;
    Il a comme tapis la mousse ;
Il oublie en un jour, sous un ciel libre et pur,
Ce que son existence eut jusqu’alors de dur,
    Et trouve que la vie est douce.