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    ÉVÊCHÉ DE VANNES

    Cher Monsieur Le Bayon,

    L’un des bons souvenirs que je garderai de ma visite à Bignan sera la lecture que vous m’avez procurée de votre Nikolazig. Le charme que j’ai trouvé à lire la traduction française me fait deviner le plaisir que trouveront à lire le texte breton ceux qui connaissent notre vieille langue.

    Je vous remercie et je vous félicite. Je suis sûr que la représentation de votre Nikolazig fera du bien à nos religieuses populations ; vous rendrez plus populaire encore l’histoire tant aimée chez nous des apparitions de Sainte Anne, et vous ferez aimer davantage encore la grande Aïeule.

    Il ne m’appartient pas de vous féliciter de votre vers breton, qu’on dit si beau. Mais je vous félicite d’avoir compris que l’esprit de nos Bretons a besoin d’une sorte d’apologétique de nos croyances locales, dans le temps de scepticisme où nous vivons. Vous lui fournirez cette victorieuse apologétique.

    Vous tracez une voie dans laquelle devraient bien marcher tous ceux qui donnent des représentations dramatiques dans nos Œuvres de jeunesse ou autres.

    Au lieu de se contenter de faire rire, ne vaut-il pas mieux chercher à instruire ?

    Le rire passe mais l’instruction demeure. Quand celle-ci a, comme chez vous, le charme d’une véritable émotion dramatique, aucun succès ne peut lui manquer.

    Vous le désirez modeste, ce succès, je le sais. Vous n’en voulez qu’un, d’ailleurs : c’est contribuer à la gloire de notre catholique Bretagne et par là même, faire du bien aux âmes. Le talent littéraire, chez le prêtre, ne peut être qu’un auxiliaire précieux pour son ministère sacerdotal. Que Dieu bénisse le votre !

    Votre tout affectueusement dévoué en N.S.

                                                                            † ALCIME
                                                                    Evêque de Vannes

    Bignan, le 17 mars 1909.
        En la fête de St Patrice.