La faiblesse des enfants de Théodose, et l’ambition du général Stilicon ayant exposé dans a suite l’Empire Romain à l’invasion des Barbares ; les Armoricains, à l’exemple des Bretons insulaires, pensèrent à se défendre eux-mêmes et à se gouverner à l’avenir indépendamment des Romains. Honorius, ne pouvant mieux faire, dissimula pour un temps leur défection ; mais les Armoricains reprirent bientôt le joug. Ils entrèrent vingt ans après dans la révolte de Tibaton et dans la faction des Bagaudes ; et Aetius pour les punir envoya contre eux Eocaric avec une armée formidable d’Alains. Les Armoricains surent conjurer l’orage par l’entremise de Germain évêque d’Auxerre qui était abordé en leur pays au retour d’un second voyage qu’il avait été obligé de faire dans l’île de Bretagne, pour y combattre l’hérésie de Pélage. On pardonna aux Armoricains, qui se révoltèrent trois ou quatre ans après, et furent cruellement punis de leur nouvelle défection par Litorius et les Huns qu’il mena dans le pays par ordre d’Aetius. Les Armoricains rentrés dans le devoir, contribuèrent l’an 452 à la défaite d’Attila ; et c’est tout ce qu’on avait à dire des Armoricains ; parce que ce fut en ce même temps que les Bretons, chassés de leur île par les Saxons, vinrent s’établir dans l’Armorique.    [an 396 Zoz. I,6 | an 416 Rutilii Itiner. I,1 | Bagad, en breton troupe | an 436 Pr. col. 3 | an 439 Const. in via  S. Germ.]