La ville principale des Vannetais s’appelait Dariorig. Ils étaient les maîtres de la mer et du commerce dans toute la côte méridionale du pays qui s’appelle maintenant la Bretagne. Mais Dariorig n’était pas au même lieu où est à présent Vannes ; il était sur une pointe de terre qui deux fois le jour, dans le reflux, était entourée de la mer ; et la plupart des autres villes qui dépendaient de ceux de Vannes étaient dans une situation semblable. La ville principale des Rennais s’appelait Condate, et celle des Nantais Condivic. Les Samnites ont occupé le même pays que les Nantais, entre ceux de Vannes, et la Loire. Il est à croire que les Nantais, que d’anciens géographes placent un peu plus loin entre l’orient et le septentrion, s’établirent depuis à Condivic et aux environs, et chassèrent les Samnites dans la Saintonge, dont le nom ne s’éloigne pas fort de celui des Samnites. Les Osismiens étaient au-delà des Vannetais, à la pointe de l’Armorique ; leur capitale était Vorgan, dont il ne reste peut-être que le nom. Ils occupaient le pays qui compose présentement les évêchés de Léon et de Tréguier, et une grande partie de celui de Quimper. Les Curiosolites occupaient les environs de Dinan, et l’on ne peut douter que les masures d’une ville que l’on trouve en fouillant la terre à Corseul, qui n’est qu’à une lieue de Dinan, ne soient les restes de la ville de Curiosolites, dont le nom s’y est conservé presque entier depuis tant de siècles. La ressemblance des noms de Dol et de Diaulites, et la situation que Ptolémée donne aux Aulerciens Diaulites au septentrion de ceux de Vannes, nous portent à croire que ces peuples occupaient le pays de Dol et des environs. Leur ville principale s’appelait Noiodun, qui pouvait n’être pas loin du lieu où l’on à bâti depuis Châteauneuf de la Nouée ; si ce n’était Alet même, qui semble avoir donné le nom aux Diaulites. Alet est tout auprès de Saint-Malo, et le siège épiscopal y était avant que Saint-Malo fût bâti.    [César et Ptolémée] 

On trouve dans les anciens auteurs les noms de quelques autres villes des Armoricains, comme Vindana, Brivate, Staliocan, ports de mer ; Mannatias et Kris. On ignore où étaient situées la plupart de ces villes. Pour ce qui est de Staliocan, on en trouve encore des restes à Portz-Liocan, rade auprès de Saint-Mahé, où il y a eu autrefois un port bâti de brique et de ciment, comme on en peut juger par les vestiges. Le nom de Portz-Liocan signifie dans la langue du pays Port de la tour blanche. Pour Kris, il y a de l’apparence que c’est Kerahez, autrement Carhaix, qui est une ville très ancienne, et l’on y découvre tous les jours des restes de sa première splendeur.    [anonyme, Ravran] 

Il n’est pas difficile de reconnaître dans les îles d’Ouessant et de Sein, l’Uxantisina de l’empereur Antonin, et le Sena d’un autre géographe. Cette dernière île était habitée par des prêtresses consacrées à la chasteté ; c’est d’elles sans doute qu’a voulu parler Artémidore, quand il a dit que dans une île qui n’était pas éloignée de la Grande-Bretagne, on rendait à Cérès et à Proserpine le même culte qu’on leur rendait en Samothrace. D’autres femmes adoraient Bacchus dans une île des Samnites près de l’embouchure de la Loire, mais elles ne gardaient la chasteté que dans leur île. Les Nantais rendaient un culte particulier à Volianus, qui n’est autre chose que Belenus ou le soleil.    [Pomp. Mela, Strabon]