XXXVIII

Genre
Divers
Langue
Français
Source
Paris, Eugène Renduel, 1834
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Vous avez besoin de beaucoup de patience et d’un courage qui ne se lasse point : car tous ne vaincrez pas en un jour.

La liberté est le pain que les peuples doivent gagner à la sueur de leur front.

Plusieurs commencent avec ardeur, et puis ils se rebutent, avant d’être arrivés au temps de la moisson.

Ils ressemblent aux hommes mous et lâches qui, ne pouvant supporter le travail d’arracher de leurs champs les mauvaises herbes à mesure qu’elles croissent, sèment et ne recueillent point, parce qu’ils ont laissé étouffer la bonne semence.

Je vous le dis, il y a toujours une grande famine dans ce pays-là.

Ils ressemblent encore aux hommes insensés qui, ayant élevé jusqu’au toit une maison pour s’y loger, négligent de la couvrir, parce qu’ils craignent un peu de fatigue de plus.

Les vents et les pluies viennent, et la maison s’écroule, et ceux qui l’avaient bâtie sont tout à coup ensevelis sous ses ruines.

Quand même vos espérances auraient été trompées non-seulement sept fois, mais septante fois sept fois, ne perdez jamais l’espérance.

Lorsqu’on a foi en elle, la cause juste triomphe toujours, et celui-là se sauve qui persévère jusqu’à la fin.

Ne dites pas : c’est souffrir beaucoup pour des biens qui ne viendront que tard.

Si ces biens viennent tard, si vous n’en jouissez que peu de temps, ou que même il ne vous soit pas donné d’en jouir du tout, vos enfants en jouiront, et les enfants de vos enfants.

Ils n’auront que ce que vous leur laisserez : voyez donc si vous voulez leur laisser des fers et des verges, et la faim pour héritage.

Celui qui se demande ce que vaut la justice, profane en son cœur la justice ; et celui qui suppute ce que coûte la liberté, renonce en son cœur à la liberté.

La liberté et la justice vous pèseront dans la même balance où vous les aurez pesées. Apprenez donc à en connaître le prix.

Il y a des peuples qui ne l’ont point connu, et jamais misère n’égala leur misère.

S’il est sur la terre quelque chose de grand, c’est la résolution ferme d’un peuple qui marche sous l’œil de Dieu, sans se lasser un moment, à la conquête des droits qu’il tient de lui ; qui ne compte ni ses blessures, ni les jours sans repos, ni les nuits sans sommeil, et qui se dit : Qu’est-ce que cela ? La justice et la liberté sont dignes de bien d’autres travaux.

Il pourra éprouver des infortunes, des revers, des trahisons, être vendu par quelque Judas. Que rien ne le décourage.

Car, je vous le dis en vérité, quand il descendrait comme le Christ dans le tombeau, comme le Christ il en sortirait le troisième jour, vainqueur de la mort, et du Prince de ce monde, et des ministres du Prince de ce monde.