XXXVII

Genre
Various
Language
French
Source
Paris, Eugène Renduel, 1834
Transcription
Sébastien Marineau
In the same work :

Pourquoi vous fatiguez-vous vainement dans votre misère ? Votre désir est bon, mais vous ne savez pas comment il doit s’accomplir.

Retenez bien cette maxime : celui-là seul peut rendre la vie, qui a donné la vie.

Vous ne réussirez à rien sans Dieu.

Vous vous tournez et retournez sur votre lit d’angoisse : quel soulagement avez-vous trouvé ?

Vous avez abattu quelques tyrans, et il en est venu d’autres pires que les premiers.

Vous avez aboli des lois de servitude, et vous avez eu des lois de sang, et après encore des lois de servitude.

Défiez-vous donc des hommes qui se mettent entre Dieu et vous, pour que leur ombre vous le cache. Ces hommes-là ont de mauvais desseins.

Car c’est de Dieu que vient la force qui délivre, parce que c’est de Dieu que vient l’amour qui unit.

Que peut faire pour vous un homme qui n’a que sa pensée pour règle, et pour loi que sa volonté ?

Même quand il est de bonne foi et ne souhaite que le bien, il faut qu’il vous donne sa volonté pour loi et sa pensée pour règle.

Or tous les tyrans ne font que cela.

Ce n’est pas la peine de bouleverser tout et de s’exposer à tout, pour substituer à une tyrannie une autre tyrannie.

La liberté ne consiste pas en ce que ce soit celui-ci qui domine au lieu de celui-là ; mais en ce qu’aucun ne domine.

Or, où Dieu ne règne pas, il est nécessaire qu’un homme domine, et cela s’est vu toujours.

Le règne de Dieu, je vous le dis encore, c’est le règne de la justice dans les esprits et de la charité dans les cœurs : et il a sur la terre son fondement dans la foi en Dieu et la foi au Christ, qui a promulgué la loi de Dieu, la loi de charité et la loi de justice.

La loi de justice enseigne que tous sont égaux devant leur père, qui est Dieu, et devant leur seul maître, qui est le Christ.

La loi de charité leur apprend à s’aimer et à s’entr’aider comme les fils d’un même père et les disciples d’un même maître.

Et alors ils sont libres, parce que nul ne commande à autrui, s’il n’a été librement choisi de tous pour commander : et on ne peut leur ravir leur liberté, parce qu’ils sont tous unis pour la défendre.

Mais ceux qui vous disent : avant nous, on n’a pas su ce que c’est que la justice : la justice ne vient pas de Dieu, elle vient de l’homme : fiez-vous à nous, et nous vous en ferons une qui vous satisfera :

Ceux-là vous trompent, où, s’ils vous promettent sincèrement la liberté, ils se trompent eux-mêmes.

Car ils vous demandent de les reconnaître pour maîtres, et ainsi votre liberté ne serait que l’obéissance à ces nouveaux maîtres.

Répondez-leur que votre maître est le Christ, que vous n’en voulez point d’autre, et le Christ vous affranchira.