XXXIV

Rumm
A bep seurt
Yezh
Galleg
Orin
Pariz, Eugène Renduel, 1834
Treuzskrivañ
Sébastien Marineau
En hevelep levr :

Les maux qui affligent la terre ne viennent pas de Dieu, car Dieu est amour, et tout ce qu’il a fait est bon ; ils viennent de Satan, que Dieu a maudit, et des hommes qui ont Satan pour père et pour maître.

Or, les fils de Satan sont nombreux dans le monde. A mesure qu’ils passent, Dieu écrit leurs noms dans un livre scellé, qui sera ouvert et lu devant tous à la fin des temps.

Il y a les hommes qui n’aiment qu’eux-mêmes ; et ceux-ci sont des hommes de haine, car n’aimer que soi c’est haïr les autres.

Il y a les hommes d’orgueil, qui ne peuvent souffrir d’égaux, qui veulent toujours commander et dominer.

Il y a les hommes de convoitise, qui demandent toujours de l’or, des honneurs, des jouissances, et ne sont jamais rassasiés.

Il y a les hommes de rapine, qui épient le faible pour le dépouiller de force ou de ruse , et qui rôdent la nuit autour de la demeure de la veuve et de l’orphelin.

Il y a les hommes de meurtre, qui n’ont que des pensées violentes, qui disent : Vous êtes nos frères, et tuent ceux qu’ils appellent leurs frères, sitôt qu’ils les soupçonnent d’être opposés à leurs desseins, et écrivent des lois avec leur sang.

Il y a les hommes de peur, qui tremblent devant le méchant et lui baisent la main, espérant par là se dérober à son oppression, et qui, lorsqu’un innocent est attaqué sur la place publique, se hâtent de rentrer dans leur maison, et d’en fermer la porte.

Tous ces hommes ont détruit la paix, la sûreté et la liberté sur la terre.

Vous ne retrouverez donc la liberté, la sûreté, la paix, qu’en combattant contre eux sans relâche.

La cité qu’ils ont faite est la cité de Satan vous avez à rebâtir la cité de Dieu.

Dans la cité de Dieu, chacun aime ses frères comme soi-même, et c’est pourquoi nul n’est délaissé, nul n’y souffre, s’il est un remède à ses souffrances.

Dans la cité de Dieu, tous sont égaux, aucun ne domine, car la justice seule y règne avec l’amour.

Dans la cité de Dieu, chacun possède sans crainte ce qui est à lui, et ne désire rien de plus, parce que ce qui est à chacun est à tous, et que tous possèdent Dieu, qui renferme tous les biens.

Dans la cité de Dieu, nul ne sacrifie les autres à soi, mais chacun est prêt à se sacrifier pour les autres.

Dans la cité de Dieu, si se glisse un méchant, tous se séparent de lui et tous s’unissent pour le contenir, ou pour le chasser : car le méchant est l’ennemi de chacun, et l’ennemi de chacun est l’ennemi de tous.

Quand vous aurez rebâti la cité de Dieu, la terre refleurira, et les peuples refleuriront, parce que vous aurez vaincu les fils de Satan qui oppriment les peuples et désolent la terre, les hommes d’orgueil, les hommes de rapine, les hommes de meurtre et les hommes de peur.