XVI

Rumm
A bep seurt
Yezh
Galleg
Orin
Pariz, Eugène Renduel, 1834
Treuzskrivañ
Sébastien Marineau
En hevelep levr :

Il se rencontre des hommes qui n’aiment point Dieu, et qui ne le craignent point : fuyez-les, car il sort d’eux une vapeur de malédiction.

Fuyez l’impie, car son haleine tue ; mais ne le haïssez pas, car qui sait si déjà Dieu n’a pas changé son cœur ?

L’homme qui, même de bonne foi, dit : Je ne crois point, se trompe souvent. Il y a bien avant dans l’âme, jusqu’au fond, une racine de foi qui ne sèche point.

La parole qui nie Dieu brûle les lèvres sur lesquelles elle passe, et la bouche qui s’ouvre pour blasphémer est un soupirail de l’enfer.

L’impie est seul dans l’univers. Toutes les créatures louent Dieu, tout ce qui sent le bénit, tout ce qui pense l’adore : l’astre du jour et ceux de la nuit le chantent dans leur langue mystérieuse.

Il a écrit au firmament son nom trois fois saint.

Gloire à Dieu dans les hauteurs des cieux.

Il l’a écrit aussi dans le cœur de l’homme, et l’homme bon l’y conserve avec amour ; mais d’autres tâchent de l’effacer.

Paix sur la terre aux hommes dont la volonté est bonne !

Leur sommeil est doux, et leur mort est encore plus douce, car ils savent qu’ils retournent vers leur père.

Comme le pauvre laboureur, au déclin du jour, quitte les champs, regagne sa chaumière, et, assis devant la porte, oublie ses fatigues en regardant le ciel : ainsi, quand le soir se fait, l’homme d’espérance regagne avec joie la maison paternelle, et, assis sur le seuil, oublie les travaux de l’exil dans les visions de l’éternité.