Tout prince bon cette raison entende
Que ses biens sont afin qu’il les dépende
Comme le chef* qui les membres soutient ,   [la tête] 
Car s’il est tel qu’en avance tende*    [il manque un pied au vers] 
Tant qu’à chacun en équité ne rende
Tout par raison ce qui leur appartient,
C’est à montrer par très évident signe
Qu’en ses esprits vice abonde et domine,
Pauvre de sens, de tout honneur délivre*.    [dénué] 
On ne pourrait de lui nul bien écrire
Quand les trésors de son peuple à lui tire
Fors* que tout tourne en son sac, marc et livre*.    [sinon | unités de mesure] 

Or conviendra un jour, quoi qu’il attende,
Que de son haut en misère descende,
Sujet à mort qui en ses las le tient,
Sans point trouver qui de ce le défende.
Se garde* donc qu’en ce cas Dieu n’offende*,    [qu’il se garde | n’offense] 
Car qui le bien d’autrui prend ou retient
Commet des maux la mauvaise racine,
Convoitise qui tout détruit et mine,
Et par ce point son âme en Enfer livre.
Trop mieux lui fût autre chemin élire,
D’un tel seigneur ne vous sai* plus que lire,    [je sais] 
Fors* que tout tourne en son sac, marc et livre*.    [sinon | unités de mesure] 

Il ne faut pas dire que honneur dépende
À un prince, ni que savoir prétende
Par cruauté dont jamais bien ne vient.
Un pauvre homme dessert bien qu’on le pende
Quant l’autrui prend ou faut que ses biens vende
Pour réparer tels cas, et s’il advient
Qu’il n’ait de quoi justice détermine,
Qu’en sa prison on le garde et consigne.
Pour autrui temps cette exemple veux* suivre,    [je veux] 
A celle fin que le prince se mire,
Car je ne voi* que rien tant il désire,    [vois] 
Fors* que tout tourne en son sac, marc et livre*.    [sinon | unités de mesure] 

    George

Prince qui tout enfosse et escrutine*    [examine] 
Et tout applique à privée rapine,
En quoi cent mil ont en façon* de vivre,    [?] 
Que vaut celui pour royaume ou empire
Dont nul n’amende ains* chacun en empire,    [mais] 
Fors* que tout tourne en son sac, marc et livre*.    [sinon | unités de mesure]