les Korrigans

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Karaez, Imprimerie du peuple, 1909
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Sébastien Marineau
En hevelep levr :

musique de J. Cousin

Avez-vous dans les soirs d’automne,
Entendu des cris, des sanglots,
A l’heure où la foudre résonne,
Au moment où hurlent les flots ?
N’avez-vous pas, dans la rafale,
Oui de lugubres accents ?
Horreur ! c’est la ronde infernale.
Passant, ce sont les Korrigans.

A travers les hautes broussailles
Ils vont se tenant par la main,
A de sanglantes représailles
Se livrant jusqu’au lendemain.
Et malheur à celui qui passe,
Le soir, dans ces sentiers sanglants !
Toute la bande le pourchasse.
Passant, ce sont les Korrigans.

C’est en vain que le téméraire
Recherche partout son chemin ;
Déjà le sinistre suaire
L’attend dans le fond du ravin.
Le cercle maudit se rapproche.
En poussant des cris effrayants,
De sa victime qu’il raccroche.
Passant, ce sont les Korrigans.

Le chef, avec un affreux rire,
Quitte le rang, fait quelques pas,
Et sa main sanglante retire
De son sein un grand coutelas.
Agitant leurs bras de squelette
Les autres unissent leurs chants
Aux grandes voix de la tempête.
Passant, ce sont les Korrigans.

La victime, dans les broussailles,
Succombe sous le coup du fer
Et l’on voit sortir ses entrailles
Au moment où passe l’éclair,
Et lorsqu’enfin paraît l’aurore,
Des membres épars et sanglants
Dont* le sentier gisent encore.    [Dans ?]
Passant, ce sont les Korrigans.