l’Homme

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Karaez, Imprimerie du peuple, 1909
Treuzskrivañ
Sébastien Marineau
En hevelep levr :

Ce pauvre être qui rampe et tient si peu de place,
L’Homme, que donc est-il ? Serait-il dans l’espace
          Un atome perdu ?
Ne peut-il déchirer de l’infini le voile ?
Son cri, de l’Eternel, au-delà de l’étoile,
          N’est-il pas entendu ?

Quand, des siècles entiers, la matière à l’usure
Résiste, pourquoi lui, le roi de la nature,
          Pourrit-il comme un ver ?
Serait-il le jouet d’une amère ironie,
Pour qu’entre le cercueil et le berceau, sa vie
          Passe comme un éclair ?

Non. Mais n’étant pas né pour ce globe éphémère,
Il doit prendre l’essor vers l’éternelle shpère
          Dont il n’est que banni ;
L’homme doit remonter à sa noble origine ;
La mort ne l’atteint pas ; car son âme divine
          Plane dans l’infini.