Dieu tout-puissant, grâces nous te rendons
De tous les biens qu’avons de toi reçus,
De nature, de grâce, et autres dons
De fortune (127) par quoi sommes repus,
Te suppliant que ne soyons déçus (128)
Par l’ennemi d’Enfer, notre adversaire,
Mais nous octroye (129), grands et menus (130),
Ce que tu sais qui nous est nécessaire.

De nos défauts pardon te demandons,
Car en péchés fûmes nés et conçus,
Pourquoi (131) très peu chacun jour entendons
A toi servir (132) comme sommes tenus.
Point n’acquérons les hauts biens de Là-Sus (133),
Le principal perdons pour l’accessoire (134),
Si (135) te prions que nous donnes (136) sans plus
Ce que tu sais qui nous est nécessaire.

Les trépassés nous te recommandons,
Et ceux premier (137) dont avons les biens eus,
Tous les vivants, et desquels amendons (138).
Veuilles qu’ils soient en ta grâce promus
Et à la fin logés o (139) tes élus
En leur baillant Saint Michel commissaire.
Au demeurant ordonne nous la jus (140)
Ce que tu sais qui nous est nécessaire.

Prince éternel de toi sommes connus
Pauvres chétifs, tardifs à te complaire,
Concède-nous des biens dont es (141) pourvu,
Ce que tu sais qui nous est nécessaire.

— NOTES —

(127) La fortune renvoie plutôt à l’idée de hasard au Moyen-Age (nous disons encore en français moderne faire contre mauvaise fortune bon cœur).  (128) trompés  (129) mais octroie-nous  (130) Il manque un ou deux pieds suivant la manière dont on prononce octroye (ottroye dans l’imprimé).  (131) C’est pourquoi  (132) à te servir  (133) là-haut  (134) L’imprimé emploie la forme accessaire.  (135) Ainsi  (136) tu nous donnes  (137) en premier  (138) dont nous profitons  (139) avec  (140) L’imprimé contient sa ius qui est sans doute une coquille pour la jus = là-bas.  (141) tu es