Gwerzioù

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Krennc’halleg
Orin
Naoned, Étienne Larcher, 1493
Danvez
Testenn en he fezh
Treuzskrivañ
Sébastien Marineau
En hevelep levr :

Jean Meschinot est un noble chevalier de la fin du XVème siècle. Comme souvent à cette époque, c’est moins l’homme d’un État que l’homme d’un maître, et ce n’est donc pas un service particulier mais toute sa personne qu’il voue du duc de Bretagne.

Cela fait de lui, tour-à-tour, un soldat, un courtisan, un administrateur et... un poète. La chose peut paraître surprenante aujourd’hui, mais c’est oublier que, pour un duc, l’éclat est au moins aussi important que la puissance ou la richesse.

D’autant que le duc en a bien besoin, d’éclat, pour contrer les manœuvres du roi de France. Celui-ci s’empare des duchés d’Anjou (1474), de Bourgogne (1477), et convoite celui de Bretagne. Roi Arthur, au secours ! Fleurissent alors de prestigieuses histoires de Bretagne.

Jean Meschinot va beaucoup plus loin. Peut-être est-ce dû à son côté « soldat »... Quoiqu’il en soit, il passe directement à l’offensive contre le roi de France, dont il dénonce le machiavélisme et l’absence de scrupules :

Penses-tu donc l’avoir doux ni propice,
Homme sans foi, sans loi et sans police,
De vices plein en très grand’ multitude,
Vie menant aussi comme inhumaine,
Farci d’orgueil, rempli de gloire vaine,
Tout nu d’honneur et de béatitude ?

Ce ton peut paraître un peu naïf aujourd’hui mais, là encore, c’est oublier que la vertu d’un duc ou d’un roi reste très importante dans un Occident toujours imprégné de foi chrétienne : la crainte d’un châtiment divin est encore vive dans beaucoup d’esprits.

On comprend ainsi pourquoi les Ballades n’ont pas été tenues en grande estime par des auteurs français, comme Montaigne... Les Ballades de Jean Meschinot sont pourtant de la même veine que celles de François Villon ou de Guillaume Alexis.

La langue est vive et rythmée, le drame de la condition humaine est rappelé en termes poignants, et Jean Meschinot pose avec franchise la question de l’inégalité devant la vie face à l’égalité devant la mort.