Sainte Anne d’Auray

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Paris, Didier et Cie Libraires, 1882
Treuzskrivañ
Sébastien Marineau
En hevelep levr :

De Saint-Pol de Léon, du cap de Saint-Mathieu,
De Tudy, dont le flot est toujours calme et bleu,
De Penmarc’h, où la mer est toujours en furie,
D’Ouessant, où prêcha le moine de Cambrie,
Des bords affreux du Raz, des plus lointains cantons,
Une fois dans leur vie, au moins, tous les Bretons,
A Sainte-Anne d’Auray vont en pèlerinage.
Tous veulent se placer sous son haut patronage.
Leurs pères s’y rendaient, ils s’y rendent comme eux.
Au pays du blé blanc (1), dans l’horizon brumeux,
Sur la terre d’Arvor se dresse le grand temple.

Souvent le voyageur qui s’arrête et contemple
La lande immense et triste, où pleure le ciel gris,
Soudain voit apparaître, à ses regards surpris,
Des hommes, revêtus de leurs habits de fête.
Et des femmes, portant un voile sur leur tête,
Dans leurs mains le rosaire et le grand bâton blanc.
De distance en distance, un vieillard, en tremblant,
Tend son chapeau de feutre au pèlerin qui passe,
Impatient de voir s’élever dans l’espace
Le clocher que domine une statue en or.

Enfants de la Bretagne, allez, allez encor,
Tête nue et nu-pieds, en longue caravane,
Allez boire l’eau sainte aux sources de Sainte-Anne.

(1) Périphrase bretonne pour désigner le pays de Vannes.