les Lucioles

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Paris, Didier et Cie Libraires, 1882
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Sébastien Marineau
En hevelep levr :

La nuit ! voici la nuit, sereine et magnifique,
La mer a les rayons du phare pacifique,
Le firmament l’étoile éclose dans l’azur.
L’air a les feux follets, craintifs comme des âmes,
Et les champs ténébreux ont nos timides flammes,
Nos rustiques flambeaux dont l’éclat est si pur.

Les plaines qu’embrasait l’ardente canicule
S’effacent à demi dans le frais crépuscule ;
Comme des encensoirs, les fleurs des bois ombreux
Embaument le zéphyr du parfum de leurs urnes ;
Le rossignol prélude à ses hymnes nocturnes,
C’est l’heure où dans les bois viennent les amoureux.

Venez, jeunes amants ! venez ; c’est chose douce,
Pendant les nuits d’été, de nous voir, sous la mousse,
Jeter aux gazons verts un reflet pâle et bleu.
Sur le bord des sentiers nous tendons nos guirlandes ;
L’Arvor est un pays béni de Dieu : ses landes
Ont des fleurs d’or le jour, le soir des fleurs de feu !