Épilogue

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Paris, Didier et Cie Libraires, 1882
Treuzskrivañ
Sébastien Marineau
En hevelep levr :

Bretagne ! où trouves-tu les secrets triomphants
De l’amour que tu mets aux cœurs de tes enfants ?

Bien d’autres, avant moi, t’ont chantée, ô patrie !
J’ai voulu te chanter aussi, terre chérie.

J’ai voulu te chanter, noble pays d’Arvor,
Où le laurier fleurit auprès des genêts d’or.

Ta loyauté survit et ta foi reste forte.
Oh ! non, chère Bretagne, oh ! non, tu n’es pas morte.

On dit que chaque jour tu perds un souvenir,
Si ton passé s’en va, n’as-tu pas l’avenir ?

Ceux qui ne t’aiment pas ont dit : elle est finie !
Je ne l’ai jamais cru, terre antique et bénie.

Je sais que tu n’as plus tes bardes d’autrefois,
Dont les hymnes sacrés résonnaient dans les bois.

Mais n’as-tu pas toujours, si tu n’as plus les bardes,
Les trilles cadencés des joyeuses bombardes ?

Je sais que tu n’as plus tes chevaliers de Dieu,
Qui mouraient les regards tournés vers le ciel bleu.

Mais tes nobles enfants savent souffrir sans plainte
Triompher sans orgueil, et succomber sans crainte.

Je sais que tu n’as plus tes paisibles couvents,
Ni tes saints recueillis, ni tes moines fervents.

Mais tes hommes sont forts, tes prêtres sont augustes,
Tes vieillards ont au front l’auréole des justes.

     ***

L’amour de notre Dieu demeure parmi nous,
Et nous n’avons pas peur de prier à genoux.

Nos clochers de granit, aimés des hirondelles,
Ont conservé des voix pour les foules fidèles.

Bretagne, ô mon pays, mes amours sont pour toi,
Jusqu’à ce que mon cœur ne batte plus en moi !