Oh ! viens me consoler, viens, ne fût-ce qu’un jour, 
Ma suprême douleur veut ton suprême amour : 
Oh ! viens me consoler, il faut que je te voie, 
Et ton aspect saura me rendre un peu de joie : 
Mon ciel redevient sombre, il me faut dans mon deuil, 
Pour m’éclairer le cœur, ton ravissant coup d’œil. 
Laisse, oh ! laisse sur moi rayonner tout entière 
Cette flamme d’amour qui dort sous ta paupière ; 
Laisse de tes grands yeux, de tes longs cils voilés 
Descendre sur mon front tes regards étoilés. 
Livre-moi cette main dont la pression douce 
M’attire si souvent quand ta voix me repousse ; 
Car l’amour est timide, et le tien tremble encor, 
Et la lèvre et le cœur sont rarement d’accord. 
Mais je connais ton âme et je ne crains rien d’elle, 
Je sais que ton amour me restera fidèle ; 
Et toi, mon ange, et toi tu sais qu’un nœud si beau 
Doit traverser la vie, et même le tombeau. 
Viens donc, viens rassurer mon âme qui s’alarme, 
Vois ma paupière où brille une dernière larme, 
Un espoir la retient et m’aide à la cacher ; 
Mais c’est ton regard seul qui pourra la sécher.