Où vas-tu, souffle d’aurore, 
Vent de miel qui viens d’éclore, 
Fraîche haleine d’un beau jour ? 
Où vas-tu, brise inconstante, 
Quand la feuille palpitante 
Semble frissonner d’amour ? 

Est-ce au fond de la vallée, 
Dans la cime échevelée 
D’un saule où le ramier dort ? 
Poursuis-tu la fleur vermeille, 
Ou le papillon qu’éveille 
Un matin de flamme et d’or ? 

Va plutôt, souffle d’aurore, 
Bercer l’âme que j’adore ; 
porte à son lit embaumé 
L’odeur des bois et des mousses, 
Et quelques paroles douces 
Comme les roses de mai.