Medio de fonte dolorum

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Paris, Plon-Nourrit et Cie, 1922
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Sébastien Marineau
En hevelep levr :

    À Alfred Poizat

    I

Pour qu’aucun des passants dont il est épié
N’accable des éclats d’une fausse pitié
Ton cœur où saigne encore une plaie écarlate,
Agis à la façon de l’enfant Spartiate
Que mordait sous sa blouse un renard écumant,
O Maxence, et sur lui dispose habilement
Les plis d’une savante et feinte indifférence.
Mais, de retour chez toi, seul avec ta souffrance,
Rejette ce manteau de fallace et d’orgueil
Et reprends ton visage en retrouvant ton deuil.

    II

Comme monte, pareil aux bulles de la mer,
Du fond des voluptés je ne sais quoi d’amer,
Ainsi, Maxence, ainsi, mon fils, dans la retraite,
Les maux les plus cruels ont leur douceur secrète.
Le tien n’est pas de ceux dont on guérit. Pourtant,
Toi qui naguère, cœur encore impénitent,
Le maudissais, déjà tes regards, ô Maxence,
Goûtent à l’observer une acre jouissance ..
Demain tu connaîtras, redevenu chrétien,
Que ce mal dont tu meurs, pauvre homme, est ton seul bien.