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Maronad an aotroù Névet

barzhaz breizh - maronad an aotroù névet
Genre
Poésie
Langue
Breton
Source
Paris, Didier et Cie Libraires, 1867
Remarques
Nous avons modernisé l’orthographe tout en conservant certaines tournures d'origine (mutations, particules verbales...).
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Voici le commentaire que La Villemarqué à inséré dans le Barzhaz Breizh :

Le nom des Névet est aussi adoré du peuple des campagnes que celui des Guérand est impopulaire. Dans ses amours comme dans ses haines, le paysans breton est toujours mû par un sentiment remarquable de justice et d’impartialité. Jamais il ne lui est arrivé d’embrasser dans un anathème général une famille entière à cause du crime d’un des membres de cette famille. Ainsi, le fils coupable du marquis de Guérand peut être maudit, mais la mère est bénie, et l’aïeul est depuis deux siècles l’objet de la vénération des habitants des campagnes. L’herbe a reverdi sous les larmes du pauvre autour de sa tombe ; la pierre qui la recouvre s’est usée sous les genoux des habitants de la paroisse ; son oraison funèbre a été composée par un mendiant, et la voici telle qu’on la chante encore aujourd’hui.

*

On ne saurait faire d’un homme un plus bel éloge. Les historiens de Bretagne parlent de lui dans les mêmes termes que les poètes populaires. Un d’eux, après être entré dans de grands détails sur l’origine de la famille Névet, conclut ainsi : « C’est une maison illustre, dont les seigneurs, de père en fils, ont témoigné notoirement un zèle héroïque et une passion inviolable à conserver les droits et immunités de la Bretagne. » Le même éloge convient aux Carné : « Cette dernière famille, dit Guy Le Borgne, est assez connue pour être une pépinière féconde de seigneurs braves, galants et généreux » (Armorial Breton, p. 43). L’élégie qu’on vient de lire est une pièce à l’appui du jugement qu’a porté l’illustre auteur de l’Histoire de la conquête de l’Angleterre par les Normands, sur les bons rapports qui ont toujours existé entre l’aristocratie bretonne et les habitants de nos campagnes.

« Les gens du peuple en Basse-Bretagne n’ont jamais cessé, dit-il, de reconnaître dans les nobles de leur pays des enfants de la terre natale ; ils ne les ont point haïs de cette haine violente que l’on portait ailleurs à des seigneurs issus de race étrangère ; et sous les titres féodaux de baron et de chevalier, le paysan breton retrouvait encore les tiern et les mac’htiern du temps de son indépendance ; il leur obéissait avec zèle, dans le bien comme dans le mal, par le même instinct de dévouement qu’avaient pour leurs chefs de tribus les Gallois et les montagnards d’Ecosse » (Augustin Thierry, t. III, p. 80)