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Bran

barzhaz breizh - bran
Genre
Poésie
Langue
Breton
Source
Paris, Didier et Cie Libraires, 1867
Remarques
Nous avons modernisé l’orthographe tout en conservant certaines tournures d'origine (mutations, particules verbales...).
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Voici un extrait des commentaires que Théodore de La Villemarqué a insérés dans le Barzhaz Breizh :

« La ballade suivante rappelle le souvenir d’un grand combat livré, au Xème siècle, non loin de Kerloan, village situé sur la côte du pays de Léon, par Even le Grand, aux hommes du Nord. L’illustre chef breton les força à la retraite, mais ils ne s’embarquèrent pas sans emmener des prisonniers ; de ce nombre fut un guerrier appelé Bran, probablement petit-fils d’un comte du même nom, souvent mentionné dans les Actes de Bretagne. Près de Kerloan, au bord de la mer, se trouve un hameau où sans doute il fut fait prisonnier, car ce hameau s’appelle encore aujourd’hui en breton Kervran, ou village de Bran. Dans l’église de Goulven, dont le patron contribua à la victoire d’Even, on voit un ancien tableau représentant les vaisseaux étrangers qui s’éloignent. Mais la poésie, je dois le dire, a vaincu la peinture.

Dans les plus anciennes traditions bretonnes, les morts reparaissent souvent sur la terre sous la poétique forme d’oiseaux. Cette opinion était particulièrement en vogue au Xème siècle, époque où doit remonter l’inspiration de la ballade qu’on vient de lire ; un barde gallois de ce temps nous l’atteste (Myvyruan, Archeology of Wales, t. I, p. 173).

La circonstance du déguisement que prend le messager de Bran pour traverser plus sûrement les pays étrangers ; l’anneau d’or qu’il emporte et qui doit le faire reconnaître ; la perfidie de son geôlier, le pavillon noir et le pavillon blanc, tout cela a été emprunté à notre ballade par l’auteur du roman de Tristan, trouvère du XIIème siècle, qui eut souvent recours aux chanteurs populaires bretons, comme il l’avoue lui-même. »