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Daskor

Janedig-Flamm

Genre
Poésie
Langue
Breton
Source
Paris, Didier et Cie Libraires, 1867
Remarques
Nous avons modernisé l’orthographe tout en conservant certaines tournures d'origine (mutations, particules verbales...).
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Voici un extrait des commentaires que Théodore de La Villemarqué a insérés dans le Barzhaz Breizh :

Depuis la fin du douzième siècle, la Bretagne avait cessé d’être gouvernée par des chefs de nom et de race bretonne. Deux partis la divisaient ; l’un français, qui travaillait pour établir la suprématie de la France ; l’autre anglo-normand, qui combattait pour faire prévaloir les intérêts de l’Angleterre. En l’année 1341, la famille de Blois représentait le premier, et celle de Montfort le second. Les De Blois eurent d’abord l’avantage : Jean de Montfort, troisième du nom, reconnu par les Etats pour légitime duc de Bretagne, assiégé dans la ville de Nantes, fut pris par le frère du roi de France et conduit prisonnier à Paris. Mais la captivité du duc ne devait pas abattre pour longtemps le courage de son parti ; une femme, qu’on a justement surnommée la Clorinde du Moyen-Âge, le releva. Prenant entre ses bras son fils encore enfant, et se présentant avec lui au milieu de ses barons consternés : « Montfort est pris, leur dit Jeanne de Flandre, mais rien n’est perdu, ce n’était qu’un homme ; voici mon fils, qui sera, s’il plaît à Dieu, son restorier, et vous fera du bien assez. » Puis elle s’enferma dans Hennebont, que Charles de Blois attaqua vainement ; elle fit lever le siège aux Français et rétablit les affaires de son mari.

L’incroyable audace dont cette femme extraordinaire donna des preuves au siège d’Hennebont, en allant elle-même mettre le feu au camp ennemi, l’a fait surnommer par le peuple Jeanne-la-Flamme. C’est ce qu’atteste le récit suivant de cette héroïque expédition.