le Miroir épave

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Paris, Calmann-Lévy, 1901
Treuzskrivañ
Sébastien Marineau
En hevelep levr :

Un nom de femme, un nom chantant, un nom d’ailleurs
Se lit sur la bordure, incrusté dans l’ébène.
Celui qui le sculpta, novice ou capitaine,
Roule, plein de silence, en proie aux flots hurleurs.

La glace énigmatique a d’étranges pâleurs.
Si le vent amolli souffle à plus tiède haleine,
Elle brille, dit-on, d’une clarté soudaine
Et, sur le verre triste, il ruisselle des pleurs.

Elle fut recueillie en mer par un pilote,
Une image sinistre est en elle, qui flotte,
Comme le spectre noir d’un grand vaisseau sombré ;

Et l’on vous contera qu’un soir une îlienne
Vit, en penchant son front sur le miroir sacré,
Une face y surgir qui n’était point la sienne.