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Daskor

Sur le chemin d’exil

Genre
Poésie
Langue
Français
Source
Paris, Calmann-Lévy, 1901
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Dieu fasse de longs jours prospères,
mon pays, à tes maisons !
Puissent, auprès de leurs vieux pères,
Y vieillir les jeunes garçons !

J’ai laissé le pays que j’aime
En un rêve calme endormi.
Les marches de l’escalier même
Sous mon départ n’ont point gémi.

Or, voici qu’un soleil de joie
Se lève dans le ciel d’avril.
La route blanche au loin poudroie,
Et c’est la route de l’exil.

Nul ne m’a tiré par la manche
Pour me crier : Reste avec nous !
Sur la grand’route, morte et blanche,
Sonnent seuls mes souliers à clous.

Dors, mon pays, je te pardonne !
J’ai cependant le cœur navré.
Mais c’est pour la coiffe bretonne,
Qui là-bas sèche au bord d’un pré.

En passant, je l’ai reconnue…
Celle qui la mettra demain
Disait qu’elle serait venue
Me « bonjourer » sur le chemin.

Mais, hélas ! elle aussi repose
Dans son lît de chêne sculpté.
C’est en vaîn qu’à sa porte close,
Comme un chien perdu, j’ai gratté.