Chanson blanche

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Paris, Calmann-Lévy, 1901
Treuzskrivañ
Sébastien Marineau
En hevelep levr :

On a mis entre ses doigts
La fleur pâle, la fleur blanche,
Qu’à sa robe du dimanche
Elle épinglait autrefois.

Et le cierge blanc qui brille
Avive encor la pâleur
De la blanche et pâle fleur,
De la pâle et blanche fille.

Et les longs rideaux tremblants,
Dès qu’on entr’ouvre la porte,
Sur la fleur et sur la morte
Font neiger leurs flocons blancs.

Très loin, au ras de la dune,
A l’horizon d’argent clair,
Comme un goéland dans l’air,
Blanchit l’aile de la lune ;

Et, par les chemins pâlis,
Avec l’aube qui se lève,
Par les blancs chemins de grève,
S’avancent les blancs surplis…

Mais c’est quand le cercueil penche
Sur le bord du grand trou noir.
Que l’on aimerait à voir
Resplendir la porte blanche.