daskor - facebook  daskor - css

Daskor

Après vêpres

Genre
Poésie
Langue
Français
Source
Paris, Calmann-Lévy, 1901
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Quand les belles hymnes latines,
Avec l’encens des encensoirs,
Sur l’aile des voix enfantines
Montent, dans la splendeur des soirs,

Les vitraux rouges, où flamboie
La braise du soleil couchant,
Éclatent d’une immense joie
Qui vibre et chante avec le chant ;

Et les vierges, têtes baissées
Sur les mystérieux missels,
Sentent s’ouvrir dans leurs pensées
L’infini lointain des grands ciels.

Triste et souriant, sur leurs âmes,
Se penche le mystique époux,
Le seul Dieu qu’aient aimé les femmes,
Le Dieu pâle, pensif et doux.

Triste et consolant, il se penche !…
Dans l’ombre qui va grandissant,
On voit sourdre sur sa chair blanche
Un pleur secret, un pleur de sang.

Et, quand l’église s’est éteinte,
Ses bras cloués restent ouverts
Pour l’ardente et sublime étreinte
Dont il embrasse l’univers.