le Vieux château

Genre
Poésie
Langue
Français
Source
Paris, Didier et Cie Libraires, 1882
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

AUX CHATELAINS DE BRESCANVEL

Loin de la foule et loin des rumeurs de la ville,
Je connais un manoir, antique et doux asile,
Plein de calme repos et de recueillement ;
Je connais un manoir, dans ma vieille Bretagne ;
Il couronne le front d’une verte montagne
Dont la base se perd dans un vallon charmant.

Le signe du salut le garde et le domine ;
Et lorsqu’à son couchant le soleil illumine
De ses grands rayons d’or le paisible manoir,
Lassé des longs ennuis d’une pénible route,
Le pauvre voyageur, avec surprise, écoute
Les tintements plaintifs de l’Angélus du soir.

Avec ton humble cloche, avec ta croix austère,
On te prendrait, de loin, pour un saint monastère.
Ermitage pieux ! ton charmant souvenir
Me reste, quand je fuis ma Bretagne adorée !

Qu’elle est lente à sonner l’heure tant désirée,
Où l’absent consolé s’apprête à revenir !