le Vaisseau et le phare

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Paris, Didier et Cie Libraires, 1882
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Sébastien Marineau
En hevelep levr :

          Et portæ inferi non pravalebunt adversus eam. 
                                        Jésus-Christ

Rien que la mer, rien que les cieux !
Le beau navire audacieux
    Se berce sur les ondes.
Vienne un orage inattendu,
Voilà le navire perdu
    Sous les vagues profondes.

J’en sais un tout blindé de fer ;
Celui-là ne craint ni la mer
    Ni la tempête sombre ;
Devant lui l’ouragan s’enfuit,
Il marche le jour et la nuit.
    Et jamais il ne sombre !

Le phare, lumineux et clair,
Là-bas, fait scintiller dans l’air
    Son étoile dorée.
Mais vienne la brume du soir,
On ne peut plus l’apercevoir
    De la nef égarée.

J’en sais un plus pur et plus beau ;
Ceux qui voguent à son flambeau,
    N’ont jamais rien à craindre ;
Le brouillard s’épaissit en vain,
Il luit comme un astre divin
    Que rien ne peut éteindre !