le Loup d’Hervé

Genre
Poésie
Langue
Français
Source
Paris, Didier et Cie Libraires, 1882
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

LÉGENDE DU PAYS DE LÉON

L’âne gris d’Ulphredus broutait l’herbe d’un pré.
Un loup, qui passait là, bientôt l’eut dévoré.

Le valet d’Ulphredus alors, à pleine tête,
Se prit à forliner la détestable bête.

Le neveu d’Ulphredus, le bon petit Hervé,
Chez son vieil oncle était récemment arrivé.

Les mains sur la poitrine, au moment du dommage,
Hervé, dans la chapelle, à Dieu rendait hommage.

Le loup vint s’y jeter. Guiharan, le valet,
S’écria : « Fermez donc la porte, s’il vous plaît. »

Hervé lui répondît : « Dieu m’en garde, bonhomme ;
« Ce brave loup sera notre bête de somme ;

« Il ne veut pas s’enfuir ; il pleure son forfait,
« Et reste réparer le tort qu’il nous a fait.

« Il a mangé notre âne ; il vient, l’oreille basse,
« S’offrir pour travailler désormais à sa place ;

« Pour tirer la charrue et porter sur son dos
« Les sacs de blé, le bois et les autres fardeaux. »

Et le loup, chaque jour, dans les travaux rustiques,
Docilement aidait les bêtes domestiques.