À elle

Genre
Poésie
Langue
Français
Source
Paris, Didier et Cie Libraires, 1882
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Je ne vous verrai plus. Adieu, ma douce idole,
Adieu ! mon cœur se brise et mon rêve s’envole,
Puisque vous ne devez jamais nous revenir.
Je ne vous verrai plus, charmante fugitive,
Mais pour s’entretenir dans sa douleur plaintive,
Mon âme gardera votre cher souvenir.

Car elle était unie à votre âme adorée,
Comme la brune abeille à la fleur préférée
Qui lui verse le plus de suave liqueur.
Les vierges de Bretagne avant vous, ô Marie,
Avaient pu quelquefois plaire à ma rêverie.
Aucune, comme vous, n’avait gagné mon cœur.

Lorsque je vous suivais de mes regards fidèles,
Je préférais toujours, en vous voyant près d’elles,
A leurs grands cheveux noirs vos longues tresses d’or,
A leur fraîche beauté vos grâces enfantines,
Vous étiez comme un lis parmi des églantines,
Quand je vous comparais aux filles de l’Arvor.

Je ne vous verrai plus, charmante fugitive.
Mais, pour s’entretenir dans sa douleur plaintive,
Mon âme gardera votre cher souvenir ;
Je ne vous verrai plus. Adieu, ma douce idole,
Adieu ! mon cœur se brise et mon rêve s’envole,
Puisque vous ne devez jamais nous revenir.