Crépuscule

Rumm
Barzhoniezh
Yezh
Galleg
Orin
Paris, Didier et Cie Libraires, 1882
Treuzskrivañ
Sébastien Marineau
En hevelep levr :

               Hier, la nuit d’été qui nous prêtait ses voiles, 
               Etait digne de toi tant elle avait d’étoiles. 
                                                         V. Hugo

Tout s’efface et se tait sur la terre endormie,
Le dernier chant du jour meurt plaintif et voilé ;
Viens, nous irons ensemble, ô ma plus tendre amie,
               Contempler le ciel étoilé.

Nous verrons, au sommet des falaises lointaines,
Les phares éclatants consteller le ciel noir,
Et les feux de bergers, aux flammes incertaines,
               Vaciller dans l’ombre du soir.

L’herbe a des vers luisants, le firmament des mondes ;
Viens : la terre, ce soir, brille comme les cieux ;
Livre tes cheveux d’or, livre tes tresses blondes
               Au zéphyre capricieux.

Pour qu’ils me laissent voir rayonner ton front d’ange,
Pour que leur doux parfum, par la brise emporté,
Avant de s’envoler, près de moi se mélange,
               Aux senteurs de la nuit d’été.

Tout s’efface et se tait sur la terre endormie,
Le dernier chant du jour meurt plaintif et voilé ;
Viens, nous irons ensemble, ô ma plus tendre amie,
               Contempler le ciel étoilé.