la Chanson de la mariée

Genre
Poésie
Langue
Français
Source
Paris, Didier et Cie Libraires, 1882
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

TRADUIT DU BRETON

Quand j’étais libre de promesse,
Mes sœurs, j’avais un cœur ardent,
J’avais un cœur indépendant,
Aux premiers jours de ma jeunesse !

Adieu donc, adieu pour jamais,
Adieu, compagnes que j’aimais !

A ceux qui me disaient : Je t’aime !
Je répondais d’un air moqueur :
« Jeunes gens, vous n’aurez mon cœur
« Ni pour argent, ni pour or, même. »

Adieu donc, adieu pour jamais,
Adieu, compagnes que j’aimais !

Je l’ai donné pour moins encore
Hélas ! je l’ai donné pour rien ;
Joie et plaisirs, je le sais bien,
Joie et plaisirs, tout s’évapore.

Adieu donc, adieu pour jamais,
Adieu, compagnes que j’aimais !

Trois berceaux près du feu qui tremble,
Fille et garçon dans chacun d’eux,
Et trois encore, où, deux à deux,
Fille et garçon dorment ensemble.

Adieu donc, adieu pour jamais,
Adieu, compagnes que j’aimais !

Allez aux pardons, mes chéries,
Aux aires neuves, aux festins ;
Mettez à vos petits justins
Beaux rubans et roses fleuries.

Adieu donc, adieu pour jamais,
Adieu, compagnes que j’aimais !

Mais, moi, je reste ici ; je reste
Pleurer sur mes beaux jours enfuis.
L’homme seul est maître ; je suis
L’esclave docile et modeste.

Adieu donc, adieu pour jamais,
Adieu, compagnes que j’aimais !